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ous, the vessel was unable to cross the water. The magistrates at Dover permitted the poor passengers all to land; and M. d'Arblay wrote to me again, from the inn, after being regaled with an excellent dinner, of which he had been much in want. Here they met again the two passengers lost at Deal, who, in hopes of this circumstance, had travelled post from thence to Dover. Here, too, M. d'A, met the Duke de Duras, an hereditary officer of the crown, but who told him, since peace was made, and all hope seemed chased of a proper return to his country, he was going, incognito, to visit a beloved old mother, whom he had not seen for eleven years. “I have no passport,” he said, “for France; but I mean to avow myself to the Commissary at Calais, and tell him I know I am not erased, nor do I demand to be so. I only solicit an interview with a venerable parent. Send to Paris, to beg leave for it. You may put me in prison till the answer arrives; but, for mercy, for humanity's sake, suffer me to wait in France till then! guarded as you please!" This is his purposed address-which my M. d'A. says he heard, avec les larmes aux yeux. I shall long to hear the event.

On Friday, November 6th, M. d'A. wrote me two lines—“Nov. 6, 1801.-Je pars! the wind is excellent-au revoir.” This is dated ten o'clock in the morning. * I have not had a word since.

F. D’A.

Monsieur d'Arblay to Madame d'Arblay.

Paris.

Il m'est impossible, ma chère Fanny, d'entrer dans beaucoup de détails, vu que je n'ai qu’un instant dont

je puisse profiter pour t'envoyer ceci par une occasion sûre. La fête du 18 Brumaire a dû surpasser tout ce qu'on pouvait s'être flatté d'y voir; et quoique je sois bien malheureusement arrivé trop tard pour en jouir, c'est avec l'intérêt le plus vif que j'ai examiné depuis tout ce qui en reste. Il est impossible de se faire une idée du goût qui a présidé à l'ensemble, et de l'agrément de tous les détails. Je ne sais point encore positivement quand il me sera possible d'aller voir mon oncle. L'affaire de mon traitement de réforme n'est rien moins qu'avancée, et il est faux que Isnard et La Colombe l'ayent obtenu.

Demain matin j'ai rendez-vous avec Du Taillis, aidede-camp de Berthier. En sortant de chez lui, j'espère voir Talleyrand; mais ce que je désire infiniment, c'est de ne pas partir avant d'avoir au moins entrevu le Premier Consul, cet homme si justement célèbre. La fête a donné lieu à beaucoup d'inscriptions en vers, faits à sa louange; mais, en général, ils m'ont paru fort audessous du sujet. Relativement à l'obligation que nous ci-devants portés sur la liste des émigrés lui avons, Narbonne me disait aujourd'hui, “ Il a mis toutes nos têtes sur ses épaules.” J'aime cette expression.

M. de N. et les Lameth sont les seuls qui ayent obtenu un traitement. Les derniers, imprudens et imprévoyans, à leur ordinaire, ont excité la jalousie de l'armée, ce qui nuit beaucoup au succès de ma demande. Il semble que je sois destiné à les trouver dans mon chemin d'une manière fâcheuse, car tu sais combien, dans le cours de la révolution, nos opinions ont peu été en mesure. Après avoir obtenu leur traite-' ment de réforme, ils ont voulu être présentés à Bonaparte, et ont cru se faire valoir en lui vantant la par

qu'ils avaient prise à la révolution. Le Consul, après les avoir écoutés patiemment, leur a dit, du ton le plus glacial, “ Je vous crois honnêtes ; et d'après tout ce que je viens d'entendre, vous devez être profondément malheureux :" et il les a quittés. Tu peux compter sur cette anecdote telle que je te la rapporte; et tu vois que Bonaparte est le même en tout. N., de qui je la tiens, dit que sa capacité en tout genre est audelà de tout ce qu'on peut se figurer dans les limites du possible.

From Le Chevalier d'Arblay to Madame d' Arblay.

Paris, Novembre 16, 1801. Dernièrement, il était question de savoir au Sénat si les membres qui le composent seraient ou non armés ou parés d'un sabre. Tous les militaires pensaient que rien n'était moins en mesure avec les fonctions des sénateurs. Cette réflexion était vivement combattue par Volney. Le Général Lefèvre, dans la chaleur de la discussion, lui dit, “ Si vous avez un sabre, il faut donc que j'en porte deux, moi."

Bonaparte a nommé Pusy préfet; et lorsqu'il lui est venu faire ses remerciemens, il lui a dit, C'est bien peu, mais il faut bien commencer par quelque chose qui vous mette à même de déployer de nouveau cet excellent esprit que vous avez montré dans l'Assemblée Constituante."

Voici un autre trait de lui plus aimable encore.

La Tour Maubourg, l'un des compagnons du Général Lafayette, voulait marier sa fille à un Emigré non rayé. Il avait obtenu du Premier Consul un rendez-vous, dans lequel il était entré dans beaucoup de détails sans lui cacher les raisons qu'on pouvait objecter contre la radia

tion demandée. Bonaparte l'interrompt et lui dit, “ Le jeune homme convient-il à Mademoiselle votre fille ?" « Oui, Général.”—“Vous convient-il à vous, M. de Maubourg ?” “ Beaucoup, Général." - "Eh bien ! l'homme que vous jugez digne d'entrer dans une famille comme la vôtre, est sûrement digne aussi d'être citoyen Français."

La Garde Consulaire est en honneur tout ce que l'on peut se figurer de plus remarquablement beau; à l'exception des officiers généraux, qui sont tout chamarrés d'or, rien n'est plus simple et plus véritablement noble. Les simples gardes ont d'ailleurs des preuves bien autrement difficiles à faire que celles exigées des ci-devant Gardes du Corps, dont ils font le service. Maubourg m'a assuré que pour être admis dans ce corps, il fallait avoir reçu trois blessures, ou prouver quelque action d'éclat. Aussi quiconque parmi ces gardes est coupable d'un duel, est sur-le-champ chassé; ordonnance par laquelle Bonaparte donnera probablement le démenti à ceux qui ont prétendu qu'il était impossible d'abolir parmi les Français cette coutume barbare. De mon tems la crainte du déshonneur était bien plus forte que la crainte de la mort, dont les loix punissaient le duel. Mais ici quel déshonneur prétendu peut atteindre de tels braves? Depuis ma conversation à ce sujet, je n'en vois pas passer un sans être tenté d'aller shake hand avec lui.

Monsieur d'Arblay to Madame d’Arblay.

15th Frimaire (December 6), 1801. Suivant toute apparence, ma chère amie, je n'obtiendrai point le traitement que je demande. Tout

le monde dit que rien n'est plus juste, mais tant de personnes qui ont fait toute la guerre se trouvent à présent réformés, que je meurs de peur qu'il n'en soit de mes services passés comme des propriétés de toute ma famille, et cela par la même raison, par l'impossibilité de faire droit aux demandes, toutes fondées qu'elles sont. Cependant, ma bonne amie, il est impossible de nous dissimuler que depuis plusieurs années nous n'avons vécu, malgré toute notre économie, que par

le

moyen de ressources qui sont ou épuisées ou bien prêtes à l'être. La plus grande partie de notre revenu n'est rien moins qu'assurée, et cependant que ferions-nous si elle venait à nous manquer? La morale de ce sermon est, que tandis que je suis propre à quelque chose, il est de mon devoir, comme époux et comme père, de tâcher de tirer parti des circonstances pour nous ménager, s'il est possible, une vieillesse totalement indépendante; et à notre petit un bienêtre qui ne nous fasse pas renoncer au nôtre. pas t'effrayer de ce préambule ; car tu dois savoir que rien au monde ne me fera dévier de la ligne que j'ai constamment suivie depuis que j'existe. Je n'ai pas plus d'ambition que lorsque je suis entré avec toi dans Phoenix Farm, et certes je ne porte envie au sort de qui que ce soit. Le mien, ma bonne amie, n'est-il pas mille et mille fois au-dessus ? Mais nous serions coupables de ne pas profiter des lumières de l'expérience. L'espoir de nous partager entre ton pays et le mien, tant que nous ne serons pas plus aisés, est une chimère à laquelle il ne m'est plus permis de songer; et comme certainement je suis loin de vouloir renoncer à'un pays qui m'a donné une Fanny, et qui renferme d'autres êtres qui me sont bien chers, voici l'idée qui

Ne vas

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