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[We left Tocqueville on the following day with great regret. The same party was never to meet again—the only survivors are Madame de Beaumont and myself and the Beaumonts' son, then a very intelligent boy of ten

years old.

One day my father and I visited the little green churchyard on a cliff near the sea where Tocqueville is buried. The tomb is a plain grey stone slab-on it a cross is cut in bas-relief, with these words only :

ICI REPOSE

ALEXIS DE TOCQUEVILLE.
NÉ 24 FÉVRIER 1805. MORT 16 AVRIL 1859.

My father laid a wreath of immortelles on the tomb. -ED.]

APPENDIX.

MONTALEMBERT'S speech was afterwards published in the Moniteur, but with considerable alterations. In Mr. Senior's journal in 1854 (which has not been published), he says, under the date of April 26, 'I called on Montalembert and took him my report of his speech. He has promised to add to it any notes that it may require. “The printed report," he said, "is intentionally falsified. Before it was struck off I asked to see the proofs. I was told that, as such an application was new, the President of the Bureau would meet and decide on its admissibility. They decided that it could not be granted.” »

[The following is Mr. Senior's report, with M. de Montalembert's own corrections and additions in French.—ED.]

At length Montalembert rose. He stood near the extreme right, with his side towards the tribune, and his face towards the centre gallery, in which I sat. His voice and delivery are so good, and the house was so silent, that I did not lose a word. I believe that the following report is a tolerably accurate abridgment of his speech.

Gentlemen, I must begin by expressing to you my deep gratitude for the attention which you have paid to this unhappy business. I am grieved at having occasioned the waste of so much public time. I am still more grieved at having been the occasion of division among my colleagues.'

[Note by Montalembert.—' J'aurais voulu faire plus qu'exprimer le regret : j'aurais voulu me prêter à tous les arrangements qui m'ont été suggérés par des voix amies pour mettre un terme à cette discussion. Je n'aurais reculé devant aucun sacrifice qui eût été compatible avec l'honneur. Mais vous comprenez tous que sous le coup d'une poursuite, d'un danger, je ne puis rien désavouer, rien rétracter, rien retirer de ce que j'ai écrit, de ce que j'ai pensé. Si j'agissais autrement il vous resterait un collègue absous, mais déshonoré et dont vous ne sauriez que faire.']

• More than all I am grieved when I think of the time at which this has occurred. A time when we are engaged in an honourable and serious war-a war in which, with the great and faithful ally whom I have always desired, and the sympathy of all Europe, we are defending civilisation against an enemy, barbarous indeed, but so formidable as to require our undivided energy and our undivided attention.

‘But you must recollect when that letter was written. It was in last September, in profound peace, when our whole thoughts were employed, and were properly employed, on our internal affairs.

* Aujourd'hui il en est autrement; l'état de guerre impose à tous les citoyens des devoirs spéciaux : il doit aussi imposer un certain frein à l'esprit de critique. Aucun Français, quel que soit sa foi politique, ne peut vouloir discréditer le pouvoir des dissidents, des mécontents, mais il n'y a plus d'émigrés, ni à l'intérieur, ni à l'extérieur.'

[Note by N. W. Senior.—This seems to be an allusion to a passage in Thiers's celebrated speech of the 17th of February, 1851. 'Il ne faut émigrer, ni au dehors, ni au dedans.')

[ J'aurais su contenir les sentiments les plus passionnés de mon âme, plutôt que de paraître affaiblir en quoi que ce soit la main qui porte l'épée et le drapeau de la France. Ce n'est pas toutefois que j'admette que toute liberté de parole ou de presse soit incompatible avec l'état de guerre. L'Angleterre a conservé toutes ses libertés en faisant la guerre aux plus re

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1854.]

Speech of M. de Montalembert.

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doutables ennemis : aujourd'hui encore l'opposition, d'accord avec le gouvernement sur la question extérieure, maintient les résistances et les critiques à l'intérieur. Et certes personne ne dira que l'Angleterre, pour avoir conservé la liberté de discussion la plus entière, n'ait pas déployé pour le moins autant de prévoyance et d'énergie que nous dans la conduite de la guerre où nous entrons. Il n'y a que les nations où la vie publique circule dans toutes les veines du corps social, qui sachent résister aux épreuves et aux chances d'une guerre prolongée. La liberté de la contradiction centuple le prix d'une libre adhésion ; et à force de mettre une sourdine à toutes les émotions du pays, il faut prendre garde qu'on ne se trouve un jour dans l'impossibilité de faire vibrer les cordes les plus essentielles quand le moment des dangers et des sacrifices sera arrivé.']

'I deeply regret the publication of that letter. But with that publication I repeat that I am utterly unconnected. I never sanctioned it, Í never wished for it, I never even thought it possible. There are passages in the letter itself which I might modify if I were to re-write it, but it would rather be by adding to them than by taking from them. Two accusations have been directed against its substance. One that it is hostile to the Emperor ; the other that it is hostile to this assembly. No one who knows my character, and knows my history, will believe that I can have intended to injure the Emperor. Our relations have been such as to make it impossible.

['J'ai eu l'occasion de défendre le chef actuel de l'État dans des circonstances infiniment difficiles, et où rien n'était plus douteux que le succès. Je ne prétends pas l'avoir constitué par cela mon débiteur, car en le défendant, je ne voulais servir, comme toujours, que la justice, l'intérêt du pays, la liberté modérée qui se personnifiaient en lui à mes yeux, mais enfin, aux yeux du public il est mon obligé, et je ne suis pas le sien. Si j'avais eu la pensée d'offenser publiquement l'Empereur, et si j'y avais cédé, nous serions quittes. Or, je tiens beaucoup à ce que nous ne le soyons pas. Il n'y aurait pour moi ni

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honneur ni avantage à ce changement de position. Tous les hommes de bon goût, tous les cours délicats, me comprendront.']

It is equally impossible that I should have wished to offend this assembly. It contains men hy whose sides I have fought the great battles of property and law. I love many of its members. I respect almost all. If I have offended any, it was done unconsciously. Again, it is said that the tone of my letter is violent. Expressions may be called violent by some which would be only called passionnés by others. Now I admit that I am passionné. It is in my nature. I owe to that quality much of my merit, whatever that merit may be. Were I not passionné, I should not have been, during all my life, la sentinelle perdue de la liberté. I should not have thrown myself into every breach : sometimes braving the attacks of anarchy, sometimes heading the assault on tyranny, and sometimes fighting against the worst of all despotisms, the despotism that is based on democracy.'

['Allons plus au fond, et vous reconnaîtrez que les opinions énoncées dans la lettre ne sont autres que celles toujours professées

par moi. Elles peuvent toutes se ramener à une seule, à mon éloignement pour le pouvoir absolu. Je ne l'aime pas : je ne l'ai jamais aimé. Si j'ai tant combattu l'anarchie avant et après 1848, si j'ai suscité contre moi dans le parti démagogique ces haines virulentes qui durent encore et qui ne perdent jamais une occasion d'éclater contre moi, c'est parce que j'ai compris de bonne heure les affinités naturelles du despotisme et de la démocratie ; c'est parce que j'ai prévu et prédit que la démocratie nous conduirait au pouvoir absolu. Oui, je crois, comme je l'ai dit, que le despotisme abaisse les caractères, les intelligences, les consciences. Oui, je déplore le système qui rend un seul homme tout-puissant et seul responsable des destinées d'une nation de 36 millions d'hommes; et trouve que cela ressemble trop au gouvernement russe, contre lequel nous allons en guerre, et trop peu au gouvernement anglais, dont nous prisons si haut l'alliance.']

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